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Pour l'avoir fait de nombreuses années en tant que comédien,
je connais très bien le festival d'Avignon.
Pendant le festival d Avignon en juillet,
tout le monde de l'intermittence du spectacle s'active,
Avignon, c'est un peu le Batimat de la culture.
Les festivaliers, les artistes, les techniciens partagent la même passion.
Il y a une agitation créatrice incroyable avec le collage des affiches,
le tractage, les rires, les coups de gueule, le succès
et bien souvent, le désespoir.
Avignon en juillet, c'est la vie à l'état brut.
Dans le festival d'Avignon, il y a le Inn, l'officiel, avec des subventions,
des têtes d'affiches qui jouent dans des lieux prestigieux.
Et puis il y a le Off, au début marginal mais maintenant très structuré,
plus de quatre cents spectacles de toutes disciplines,
tous les jours pendant trois semaines, le paradis des théâtreux.
Moi, le spectacle qui m'a laissé, le souvenir le plus marquant,
en toutes ces années, c'était un petit spectacle de rue,
donné assez tard, sur les remparts.
C'était sobre, joué sans artifices par une belle fille, seule,
une bombe, magnifique. Marina, qu'elle s'appelait.
Son costume était simple mais bien pensé
avec une légère touche de vulgarité.
La mise en scène était très adaptée au lieu,
accompagnée d’une subtile chorégraphie bien dosée et très sensuelle.
Le texte était sobre, efficace, juste les mots qu'il faut, très bien servi
en plus par un léger accent, très envoûtant.
Et puis, la trouvaille, c'était le côté interactif,
avec une véritable participation du spectateur.
Dommage que le lieu, où la comédienne entraîne le public,
ne pouvait contenir qu'un seul spectateur à la fois,
c'est ce qui explique peut-être que l'on ne pouvait pas utiliser la carte du OFF,
la carte du OFF, c'est la carte de réduction.
C'est vraiment un spectacle que je vous conseille
si l'occasion se présente pour vous.
Comment, c’était le titre? Je ne m'en souviens plus.
Ah, si, si ça y est, la comédienne me l'a dit au début.
Ca s'appelait, euh ?
"Tu viens chéri. ?"
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