Il est une coutume quand on est invité,
De dire une prière tout juste avant de manger
On remercie le père de nous donner le pain,
Et les pauvres païens se jettent sur le vin.
Mais ces paroles sont là pour empêcher nos âmes,
De se poser un jour sur chose infâme,
Un poulet désossé, un cochon égorgé,
Un agneau sacrifié, une crème renversée.
Car, qui peut dire dans quel corps ou quelle chose
Notre belle âme un jour, se repose.
Pour moi, si mon âme devait se mettre dans un objet de cette pièce,
Je voudrais que ce soit dans une chaise.
Mais attention, pas une chaise domestique,
Non, une chaise sauvage.
Les chaises sauvages se chevauchent sans selle,
A cru, comme le croient les curieuses conquêtes
Décrépites des cow-boys éclectiques de Québec,
D’’Equateur ou d’outre atlantique,
Ces coquettes et coquines cocottes des quartiers de Phuket,
Des quartiers de Bangkok.
Mais serai-je un jour une chaise sauvage ?
Une chaise sauvage, solide et sage,
Jamais sèche de mes sueurs suaves,
Jamais vide de mes vents violents, vils,
Avides et volontaires à toujours vouloir
Vider l’air encore valide d’un livide voisin,
Vilain voleur de siège et malchanceux de s’asseoir à ma suite.
Mais, il est temps, même s’il est tard, de prendre un siège et de s’asseoir.
Chère belle hôtesse, on se réjouit, d’être chez toi, tous, aujourd’hui
On se rassoit, on se rassit, bonne apprête-toi, bon appétit !